Être autonome, ne pas dépendre des autres, c’est le combat de beaucoup de personnes âgées ou handicapées. Pour les aider dans ce combat et leur maintenir une vie décente, l’auxiliaire de vie est parfois perçu(e) comme un cadeau du ciel. Rencontre avec Isabelle, salariée épanouie.

Bonjour Isabelle. Parlez-nous du métier d’ADVF, pour auxiliaire de vie ou assistante de vie aux familles, et des différences qu’il peut y avoir avec le métier de TISF.

« Ces deux métiers qui s’exercent au domicile des bénéficiaires, ont quelques similitudes avec un objectif commun : aider les personnes dites fragiles. J’interviens tous les jours auprès d’usagers qui en ont fait la demande, parfois via leur médecin ou leur entourage ; mais pour moi pas de familles ni de jeunes enfants, mais des personnes en situation de handicap ou âgées.

J’aide aux repas, à l’entretien du logement, aux courses, mais je peux aussi assister à la toilette, arroser les plantes, faire un peu d’aide à la marche ou mettre du vernis aux ongles ; je peux aussi les accompagner à leurs rendez-vous ou organiser une simple balade à l’extérieur. Tout dépend des besoins ! A domicile et parfois en maison de retraite, je suis un soutien du quotidien. »

Vous semblez réellement passionnée par votre métier. Racontez-nous votre parcours.

« Mon parcours est assez atypique. Après avoir travaillé pendant 16 ans au sein du service réclamations des 3 Suisses, installé alors à St Herblain, la société a choisi de se délocaliser. Licenciée économique, j’ai pu suivre immédiatement un programme de réorientation qui a confirmé mon souhait d’aider les autres… mais plus forcément par téléphone !

Le métier d’auxiliaire de vie étant en pleine évolution, j’ai suivi une formation sur 6 mois, alternant cours et stages de 3 semaines. Le diplôme en poche, j’ai rejoint l’Anaf, premier partenaire de mes stages, dès août 2010. Ensuite, je me suis donnée 2 ans pour savoir si j’allais tenir le coup tant moralement que physiquement. Voilà 6 ans cet été que j’exerce ce beau métier et je peux dire que j’ai trouvé ma voie ! »

Vous avez choisi de passer vos journées aux côtés des personnes âgées ou handicapées, et notamment celles atteintes de la maladie d’Alzeimer ou d’autisme. Des situations pas toujours évidentes. Pourquoi ce choix ?

« D’abord pour me rendre utile. Ensuite, pour leur offrir du temps. Un temps de confidence qu’il ne trouve pas (ou plus) dans leur entourage, un temps à eux, rien qu’à eux. Bien sûr, je n’oublie jamais que chaque intervention a une durée limitée (de 30 minutes à 2h). Entre les sourires et la complicité qu’ils me réservent parfois, le « dur » du travail est vite oublié ! Même si je tiens au vouvoiement ! Mon rôle est de les rassurer, de les apaiser, de maintenir une régularité pour ne pas perturber leurs habitudes. Heureusement, on fonctionne en binôme. C’est essentiel pour faire le relais ! »

Un mot pour définir votre profession ?

« La bienveillance. La perte d’autonomie n’intervient pas toujours lorsqu’on s’y attend… A 15 ans ou à 75 ans, c’est une étape difficile à accepter. Ma mission consiste à leur apporter un maximum de bien-être, pour leur faciliter la vie et leur offrir des petites victoires. »

Comment ?

« En revoyant mon degré de perfection pour leur laisser la pleine satisfaction d’une action, en alertant aussi si je ressens une incompatibilité ; ça peut arriver. La responsable du secteur fait, elle aussi, preuve d’une grande compréhension, en adaptant au mieux les plannings pour les personnes et en écoutant nos souhaits. Tout ça créer une bonne ambiance de travail d’équipe, qui se répercute forcément sur notre vie personnelle. »