Parce que la vie réserve parfois des surprises, bonnes ou mauvaises, on peut tous, un jour, avoir besoin d’un peu plus de soutien, d’une écoute plus précise, d’une présence apaisante. Le métier de TISF, pour technicien de l’intervention sociale et familiale, apporte cette aide à la fois matérielle et morale aux familles qui traversent une période délicate à gérer. C’est ce métier que Laura a choisi. Rencontre.

Bonjour Laura ! Vous êtes, depuis juin 2014, une jeune salariée de l’Anaf. Comment avez-vous choisi le métier de TISF ?

« Dès l’âge de 10 ans, j’ai su que je travaillerai dans le social, m’intéressant déjà aux enfants, à leur bien-être, à leurs habitudes. J’ai donc tout naturellement suivi un cursus dans le domaine médico-social, obtenant un BEP, puis un Bac Pro. J’ai acquis ma première expérience en travaillant les week-ends et les vacances scolaires dans une maison de retraite, auprès des personnes âgées. De grands enfants qui demandent toute votre attention !

Le métier de TISF ? Je l’ai découvert un peu par hasard, en faisant des recherches sur internet. Ensuite, il y a eu quelques hésitations… Aide-soignante ou auxiliaire de puériculture ? J’ai finalement choisi TISF et réussi mon concours l’année suivante. Un stage de 1ère année à Cholet auprès de jeunes en foyer, puis un stage de 2ème année à l’Anaf, et me voilà embauchée par l’association ! »

A 25 ans, vous êtes pleine d’énergie. Quelles sont vos motivations ?

« C’est l’envie d’apprendre qui me lève chaque matin ! Attendue dans certains foyers en difficulté comme un véritable repère, j’apprends en retour aussi énormément des autres. Des rencontres d’une richesse incomparable ! D’ailleurs, je leur dis souvent : « Nous sommes dans le même bateau et j’aime bien qu’on pagaie à deux, dans le même sens ». L’autonomie offerte par la fonction me convient également, tant dans l’approche de la mission que dans les actions que je peux mettre en place.

J’apprécie aussi le travail en binôme. Nos personnalités présentent deux visions différentes de la même situation, alors on partage nos points de vue (et nos problèmes s’il y en a) et on trouve ensemble des solutions. La polyvalence du métier est aussi un critère de motivation : je ne sais jamais à l’avance ce qu’il va se passer dans ma journée, ni dans ma semaine, et ça, c’est hyper stimulant !

Des journées qui se suivent et ne se ressemblent pas. Quelles sont les qualités requises pour ce métier et quelles sont vos astuces pour prendre du recul ?

« Je travaille du lundi après-midi au vendredi soir, et deux samedis par mois. J’interviens directement au domicile des familles, auprès d’enfants âgés de 2 mois à 16 ans. Ma journée commence le plus souvent à 8h, avec la préparation des petits et l’accompagnement à l’école ou la crèche, jusqu’à 19h avec le retour de l’école et l’aide aux devoirs.

Entre les deux, un temps d’échange est consacré aux parents, et le plus souvent aux mamans, avec l’idée de faire passer un message, de planter une graine pour l’avenir. Que ce soit une jeune femme seule avec un enfant en bas-âge ou une famille accueillant des jumeaux ou encore un adolescent dans une situation difficile, chaque mission demande une grande adaptabilité.

La deuxième qualité requise pour ce métier, c’est évidemment l’intérêt pour les relations humaines, savoir écouter tout en donnant un peu de soi. Il faut être aussi être à l’aise dans ses baskets, équilibrée autant dans sa vie personnelle que professionnelle, pour pouvoir offrir la meilleure aide possible.

Enfin, pour prendre du recul et pour mon bien-être personnel, je laisse chaque problème derrière sa porte, je profite des trajets pour décompresser et me conditionner, et je passe le relais quand cela devient nécessaire. Et surtout j’essaie, quand c’est possible, de dédramatiser les situations tristes avec un peu d’humour ! Ma plus belle réponse, c’est toujours le sourire ! »

Une technicienne de l’intervention sociale et familiale peut être recrutée par des associations d’aide à domicile (comme l’Anaf), des collectivités locales, des organismes sociaux (comme la CPAM ou la CAF) ou des mutuelles. Quel est votre point de vue sur l’association ?

« L’Anaf est une association à l’écoute de ses salarié(e)s. Je me sens soutenue, que ce soit auprès de ma référente ou grâce au soutien psychologique à distance, disponible par téléphone. Même si je ne l’ai pas encore utilisé, c’est rassurant de savoir que ça existe. L’association m’a permis aussi d’étoffer mon réseau professionnel, avec la rencontre de nouvelles partenaires comme les assistantes sociales par exemple. Et contrairement au travail dans une structure, l’intervention à domicile permet aussi plus de rencontres.

Le métier de TISF continue d’évoluer mais reste malheureusement méconnu. Pourtant, il serait judicieux et bénéfique pour tous de le faire connaître auprès des jeunes en recherche d’orientation ! »